A l’instar de la veille, la journée d’aujourd’hui commence par un réveil aux aurores, suivi d’un solide casse-croûte avant de se mettre en route. Nous voilà ainsi de retour à notre camp de base,
après d’interminables démêlés avec les agents fédéraux du parc (et oui, encore…).
A présent que les lieux nous sont familiers, la collecte peut commencer immédiatement, et c’est sans attendre que nous nous attelons à la tâche; avec l’espoir de terminer avant la fin du séjour
(vendredi soir), afin de pouvoir peut-être visiter Seattle… Voilà qui donne du cœur à l’ouvrage !
Comme la veille, dans un souci d’optimisation, Daniel et moi nous répartissons les tâches : je fore les arbres et récolte les échantillons de sols, tandis qu’il s’occupe de la végétation et
de creuser les trous :
Cette nouvelle journée de travail dans la forêt jungle est vraiment physique, mais le cadre est vraiment magnifique, et jouer l’explorateur
intrépide est une passion (tiens donc !), alors je me régale comme un petit fou !

Voilà la vraie vie !
De retour à la ville portuaire et à notre hôtel, j’opte pour une courte sieste réparatrice, et avant de replonger dans la paresse sclérosante de la veille, je me lance bravement dans une sortie
en ville. Munie d'un pauvre plan, de mon cuir et de ma bonne humeur, je suis conduis jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche par la navette de l'hôtel (mon propre chauffeur... plutôt classe !); et
après quelques instants plus tard, me voilà dans le coeur de la cité.
Plutôt que de me perdre entre les buildings, je jette mon dévolu pour une promenade tranquille sur les quais. Alors que l'astre solaire plonge dans l'étendue bleutée de la baie, une
vision mirifique s'offre à moi:
Fasciné par cette beauté, calé dans une cahute en bois aux côtés de John le homeless guy gâteux mais chaleureux, les riffs de Nirvana ("The Man who Sold the World", mon hommage
personnel) résonnent doucement dans mes oreilles; les minutes, les heures passent, je suis bien. Je rêve, éveillé. L'ambiance est paisible, surréelle: magique.
Après m'être saoulé de cette perspective, je continue ma promenade sur le bord de mer. Quelques curiosités:
A gauche, un pécheur de pierre nourrit des "mouettes". Gaffe à ton bras mec... A droite, une immondice aperçue dans une boutique de souvenirs (petit clin d'oeil au faux Ice Truck Killer
de Dexter !)
A gauche, la ville vue d'un ponton. A droite, les chantiers navals, dont les milles feux embrasent cette placide masse ténébreuse...
Histoire de varier un peu les plaisirs, je me rapatrie doucement vers le centre-ville:
Croisé sous un pont autoroutier, au milieu de nulle part...
Suivant les conseils de ma voisine de siège dans l'avion, ainsi que ceux de Bob le guide, je me dirige vers la principale attraction touristique de cette partie de la ville, à savoir le
Public Market. Il s'agit d'un marché couvert d'une taille certaine, qui depuis un siécle semble être le coeur battant de ce bled. Sachant cela, et cherchant probablement à combler le
manque laissé par la disparition de celui de ma ville natale (plus de 20 ans auparavant, ce qui ne nous empêchaient nullement, jeunes skateurs insouciants, de skater sur la "place du marché
couvert"...), j'entreprends de découvrir l'endroit. Hélas, mes pérégrinations portuaires furent tardives, et c'est à plus de 22h que j'arrive... tout est clos ! Dépité, je me console avec la
rencontre avec un habitant des lieux:
C'est un oiseau, c'est un avion, non c'est... un cochon de bronze !?!
Quittant à regret mon porcin ami, je tente à présent de me trouver un boui-boui où me sustenter. Las, en cette heure tardive, la ville semble avoir été désertée par tous ses habitants...
Faisant fi de cette déconvenue, je me saisis du dernier bus, qui me dépose par erreur à une bonne vingtaine de blocs de ma destination ! Heuresement, cette égarement me permet de dégoter un
bouge encore ouvert à minuit passé, et ainsi de remédier aux protestations virulentes de mon estomac à l'aide d'une "galette" (faute d'un meilleur terme), difficilement identifiable mais fort
goûteuse. J'entame ensuite la marche de retour vers mon hôtel, sifflotant tel un bienheureux alors que j'arpente la banlieue résidentielle déserte. Trois détours inutiles, deux égarements et
quelques acrobaties idiotes plus tard (une impliquant l'escalade du parapet d'une highway déserte, afin d'éviter un long contournement), me voilà enfin de retour à ma chambre, à plus
de 2h du matin... Le réveil sera un défi, pour sûr !