Murasane's journey in the US

Ci-dessous se trouve le récit (forcément) subjectif et (nécéssairement) incomplet de mon stage d'été au pays de l'oncle Sam. Je suis employé du Desert Research Institute à Reno, Nevada. J'occupe le poste d'assistant chercheur au sein d'un laboratoire de la division "Sciences Atmosphérique", et le mercure est mon sujet d'étude. Ce seront 3 mois de séparation douloureuse et d'exil lointain ; mais aussi d'explorations intrépides, de découvertes surprenantes et, je l'espère, de rencontres inattendues (en tout cas pas de lyrisme excessif...ˆˆ ). N'hésitez pas à me faire parvenir vos commentaires, soit par mon adresse email: murasane@hotmail.com ou en commentant un article en particulier ("ajouter un commentaire" au bas de chaque article).

Profitez bien du voyage, ou plus simplement, comme on le dit ici, "enjoy" !!

Gabriel

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Aprés les affres du rapport de stage et autres contraintes imposées par l'école, qui ne me laissa pas le temps de vous conter la suite de mes aventures, me voilà enfin en vacances ! Avant de repartir pour de nouvelles aventures prochainement, je vais ainsi pouvoir terminer le récit de cette expérience américaine. Continuer à suivre mon périple !

Gab

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Vendredi 1 août 2008
- Par Murasane
Pour ce dernier jour dans la cité-portail-avec-l'Asie, je me retrouve en solo, puisque Daniel préfére mettre à profil notre avance pour s'en retourner plus tôt au bureau. J'espère ne jamais me lasser comme lui des business trip de ce style !
Peu m'importe, je suis rompu à l'exploration en solitaire, et c'est bille en tête que je débute par une promenade aux abords de l'immense campus.


 














Le stade des Huskies de Washington. Il n'égale tout de même pas celui des Wildcats de Tucson !

Mes pas me mènent au final aux abords du Lake Washington, où je découvre une petite marina, dissimulé par de verts bosquets.






















Le coin est aussi plaisant qu'il est tranquille, ça donne envie !

Mon esprit vague au loin, je laisse faire quelques instants; puis je pars pour le centre-ville dans un bus vétuste et poussif pittoresque. Au lieu de me précipiter sur le bord de mer comme précédemment, j'entreprends une petite balade dans le centre-ville, dont l'heure diurne autorise à présent la flânerie contemplative.











































Je flâne dans ces ruelles coincées entre ces grands immeubles, savourant l'atmosphére détendue de cette jeune cité aux faux airs de San Francisco. Une boutique de comics (comme dans les Simpsons, avec le geek obése dedans !) et un surplus de l'U.S. Army plus tard, je dirige à nouveau vers le marché couvert.

















J'atteris par hasard dans un petit jardin à proximité, où les indigènes s'emploient à déjeuner sur l'herbe, en se délectant de la vue plongante sur la baie...


...et de ce totem étrange ! Il a d'ailleurs de nombreux petits frères un peu partout dans la ville...

L'endroit est fort sympathique, mais n'ayant rien à manger, je continue mon périple au marché d'à côté:






















Je passe les étals aussi divers qu'uniques, je me fraye tant bien que mal un chemin parmi les légions de badauds qui fourmillent dans l'allée étroite. Du bijoutier asiatique au poissonier qui s'époumone pour ameuter le chaland, c'est un marché débordant de vie qui palpite autour de moi (celui d'Apt peut aller se rhabiller).

 




















Le très célébre ocarina de Link dans Zelda ! Malheuresement, en sévère restriction budgétaire après le Mexique, je dois me contenter d'une photo...

















Des dizaines d'échoppes sont présentes au sous-sol, et on y trouve de tout: même ces fantasques roses bleues !

Je continue ma promenade sur le bord de mer, suivant mes propres traces:






















A gauche, la fontaine, version diurne. A droite, de la Duff ! Homer style !

Suivant les recommandations de ma voisine de siège à l'aller, ainsi que de Bob le guide, j'envisage un tour de la baie en ferry. A ma grande surprise, le tour ne coûte que 6$, alors sans hésiter, je grimpe dans le bateau !






















Et nous voilà parti, voguant fiérement, sourire aux lèvres et cheveux aux vents, vers l'horizon (pas si) lointain. Naturellement, le point de vue est magnifique, d'autant que le soleil est au rendez-vous (ce qui est rare ici) !


La traversée passe (trop) vite, et me voilà rendu sur une petite langue de terre qui se détache au fin de la baie. Il semblerait que ce ferry soit utilisé tous les jours par des citadins pour aller au travail. Plus sympa que le métro, et moins polluant que la voiture ! Cependant, le temps d'attente avant de repartir en ville est plus long que prévu, ce qui ne manque pas de me mettre en retard sur mon planning de départ...

Hop, on remonte ! Pour le retour, session noir et blanc:





































Un petit air de New York...

Cette balade fut magique, mes fugaces compagnons furent vraiment de bons conseils ! Je ne peux m'empêcher d'imaginer l'extase d'une virée à la tombée de la nuit, devant une cité brillant de mille feux...
A présent, il est plus que temps de rentrer à l'hôtel chercher les bagages, et se translater vers l'aéroport. J'attrape le bus in extremis (ma spécialité), et me voilà en pourparler avec l'hotel clerk pour me trouver une solution de transport. Malgré les 3 heures restantes, le bus est exclu, puisque l'aéroport est à l'autre bout de la ville et les bouchons sont fréquents dans ce bled; de plus, j'ai beau adoré le coin, je n'ai guère envie d'être bloqué ici, je risquerais de devoir payer le retour sinon...Seule solution, le taxi ! Sauf que ça va me coûter les yeux de la tête, alors j'espère bien réussir à me le faire rembourser (après tout, il s'agit d'un voyage pour le boulot... ;)

Pendant que j'attends le plus sereinement possible mon chauffeur, je me retrouve à discuter avec une des employées de l'accueil qui vient d'apparaître comme par magie. Après quelques échanges de banalités sans grand intérêt, intrigué par le timbre chaleureux et l'intonation enjouée, je finis quand même par relever la tête et regarder mon interlocutrice. Il s'agit d'une brune énergique, les yeux d'un noir de jais comme ses cheveux, typée asiatique (oui, encore); bref, d'une beauté à couper le souffle, et même son uniforme peu valorisant ne peut rien contre ça. De plus, elle affiche un large sourire d'une oreille et l'autre, et chose intrigante, une lueur d'intérêt anime son regard. Moi qui pensait que ce n'était qu'un artifice d'écriture, je vois véritablement ses yeux briller ! Surpris mais sous le charme, je passe la prochaine demi-heure à discuter avec la fille, racontant ma vie et s'enquérant de la sienne. Elle s'appelle Amanda, vis à Seattle depuis toujours et comme tout le monde travaille pour payer ses études. Hélas, le taxi arrivera avant longtemps, et c'est à grand regret que je dis adieu à celle dont je me souviendrais comme de "la fille en uniforme".

Ma valise est chargée dans le coffre de la Mercedes, et me voilà en route. Le chauffeur, insatiable bavard, entreprend de faire la conversation sans perdre une minute, ramenant contre mon gré mon esprit resté à l'hôtel. Le type, expatrié éthiopien, aspire à continuer ses études d'ingénieur à l'université. A son malheur, comme un vieux cliché, il doit d'abord trouver l'argent, et se retrouve alors taxi driver (nettement moins barge que De Niro tout de même), job quasiment exclusivement reservé aux étrangers. Nous discutons longuement, alors que le chauffeur quitte l'autoroute pour passer par la ville, tentant d'éviter les bouchons monstrueux. Au moment de redémarrer au feu vert, un piéton surgit de nulle part et se jette devant la voiture sans crier gare !  Le chauffeur hurle et écrase le frein, évitant de justesse l'insouciant passant, ce qui m'envoie valdinguer contre la portière opposée dans un bruit sourd de tôle froissée. Une fois tout danger écarté, et que le fautif s'éloigne avec un regard méprisant, nous réalisons que le véhicule qui nous suit a embouti l'arrière du taxi. Quelle poisse ! Naturellement, nous nous arrêtons sur le bas-côté, et mon chauffeur sort s'arranger avec l'autre conducteur, pendant que je regarde anxieusement l'heure défiler... Heuresement, l'autre type est du genre conciliant, et l'affaire se régle en une petite demi-heure, non sans que j'accepte de servir de témoin pour l'assurance. Mon chauffeur est confus, et promet qu'il me ménera en temps et en heure à l'aéroport. Cela me rassure, du moins temporairement, car pour remplir sa promesse mon vaillant chauffeur se lance dans une course effrénée dans Seattle ! Comme dans un remake de Taxi, je suis vissé à mon siège, et me demande vaguement si j'arriverais entier... Néanmoins, le type remplit le contrat, et me voilà à l'aéroport, 50min avant mon avion. Je dis au revoir au chauffeur sympathique, lâche 45$ pour la course (ouille) et fonce pour embarquer. Je grimpe de justesse dans le coucou d'acier... mission accomplie ! Ouf !

Décidement, cette semaine fut riche en découvertes et rebondissements ! J'aime les déplacements comme ceux-là, et j'espère avoir encore la chance de pouvoir visiter tout frais payés (un joli cadeau de plus de 1000$ tout de même) !

Pour finir, derniéres prises de vues enchanteresses:


Le Mont Rainier...

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Jeudi 31 juillet 2008
- Par Murasane
Comme mon escapade nocturne de la veille le laissait présager, ce nouveau réveil aux aurores fut pour le moins ardu. Cependant, le manque de sommeil chronique ne m'empêche nullement d'être vif et alerte dés les premiéres heures du jour ; un phénoméne mystérieux qui ne se manifeste que dans ces jours de voyage...
Aprés une collation matinale plutôt solide, nous voilà une dernière fois de retour au watershed pour terminer le travail. Malgré que la tâche soit toujours aussi agréable, la chaleur étouffante et la perspective de passer du temps en ville  nous pousse à oeuvrer le plus rapidement possible; d'ailleurs, jugeant que je m'emploie trop à dézinguer joyeusement la végétation au coupe-coupe, je finis même par me faire (gentiment) rappeler à l'ordre par Daniel, ce qui constitue une première !

Une fois le travail accompli, je fais mes adieux émus à la presque forêt vierge, et nous voilà de retour vers Seattle. Malheuresement, victime d'une coutume de métropole aussi spécifique qu'incompréhensible à mes yeux, nous voilà pris au sein d'embouteillages monstres (14h, les seattlois sortent tôt du bureau !). Nonobstant la voie réservée au covoiturage sur l'autoroute (une façon ingénieuse et efficace de gagner du temps), il nous prend bien 3h pour sortir de ce bourbier... Autant pour le temps gagné au travail !
Une fois arrivé, malgré l'heure tardive et la météo peu clémente, Daniel et moi ne manquerons d'aller visiter une des icônes de Seattle, j'ai nommé...


...la Space Needle !

Cette tour, construite pour l'exposition universelle de 1962, est vraiment un élément étonnant, dont l'aspect rétro-futuriste s'accorde étonnament bien avec le reste du paysage urbain. Avant d'entamer l'ascension du monument effilé, une petite balade dans les environs se revèle d'intérêt:





































Ce Experience Music Project dispose d' une architecture intéressante, qui me rappelle furieusement celle du musée Guggenheim de Bilbao...

L'endroit est incontestablement digne d'intérêt, mais c'est la tour qui accapare le plus mon attention; ainsi, sans plus attendre, nous achetons nos billets à prix d'or (cela reste tout de même moins cher que la tour Eiffel...) et entamons l'ascension du "l'aiguille de l'espace". Doté d'ascenceurs ultra-rapide (16 km/h), la montée dure seulement 43 secondes pour grimper 160 m ! Aussi impressionant qu'inutile !
Une fois au sommet, le temps empire rapidement, et au jugé de l'altitude, les visiteurs hésitent à sortir du belvédère vitré. Souhaitant amortir mon billet au maximum, je fais fi de ces obstacles climatiques et me risque sur la plate-forme extérieure. Celle-ci est balayée par des violentes rafales de vents glacials et d'implacables trombres d'eau, ce qui pourrait rendre la visite nettement moins agréable. Cependant, malgré le mauvais temps, la vue est imprenable et permet de voir l'ensemble de la cité:


Le port...


La baie...


Les docks...


Downtown...


Le Lake Washington...


...et moi, juste avant de rentrer frigorifié à l'intérieur !

Aprés un petit tour au restaurant panoramique tournant, nous redescendons sur terre et je compte bien continuer d'explorer la ville avec un tour dans Chinatown, mais au vu de la météo, nous abandonnons et partons à la recherche d'un diner. Notre quête de nourriture, copieusement ponctuée de torrents d'eau, se termine dans un restaurant australien, où je déguste un bon steak très américain en écoutant Daniel raconter ses voyages. Dans sa jeunesse, celui-ci sillona des endroits aussi divers que la Chine, la Mongolie, la Sibérie... La chère est bonne et le récit passionant, ainsi la soirée est-elle mémorable (surtout que je suis invité...). Nous rentrons ensuite à l'hôtel, afin de pouvoir profiter de la derniére journée demain, qui, le travail étant terminé, pourra être exclusivement consacré à la visite... :)  

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Mercredi 30 juillet 2008
- Par Murasane
A l’instar de la veille, la journée d’aujourd’hui commence par un réveil aux aurores, suivi d’un solide casse-croûte avant de se mettre en route. Nous voilà ainsi de retour à notre camp de base, après d’interminables démêlés avec les agents fédéraux du parc (et oui, encore…).
A présent que les lieux nous sont familiers, la collecte peut commencer immédiatement, et c’est sans attendre que nous nous attelons à la tâche; avec l’espoir de terminer avant la fin du séjour (vendredi soir), afin de pouvoir peut-être visiter Seattle… Voilà qui donne du cœur à l’ouvrage !

Comme la veille, dans un souci d’optimisation, Daniel et moi nous répartissons les tâches : je fore les arbres et récolte les échantillons de sols, tandis qu’il s’occupe de la végétation et de creuser les trous :

 


 


 


 

 

 

 

 

 


Cette nouvelle journée de travail dans la forêt jungle est vraiment physique, mais le cadre est vraiment magnifique, et jouer l’explorateur intrépide est une passion (tiens donc !), alors je me régale comme un petit fou !

Voilà la vraie vie !

De retour à la ville portuaire et à notre hôtel, j’opte pour une courte sieste réparatrice, et avant de replonger dans la paresse sclérosante de la veille, je me lance bravement dans une sortie en ville. Munie d'un pauvre plan, de mon cuir et de ma bonne humeur, je suis conduis jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche par la navette de l'hôtel (mon propre chauffeur... plutôt classe !); et après quelques instants plus tard, me voilà dans le coeur de la cité.

Plutôt que de me perdre entre les buildings, je jette mon dévolu pour une promenade tranquille sur les quais. Alors que l'astre solaire plonge dans l'étendue bleutée de la baie, une vision mirifique s'offre à moi:


 


 


 


 


Fasciné par cette beauté, calé dans une cahute en bois aux côtés de John le homeless guy gâteux mais chaleureux, les riffs de Nirvana ("The Man who Sold the World", mon hommage personnel) résonnent doucement dans mes oreilles; les minutes, les heures passent, je suis bien. Je rêve, éveillé. L'ambiance est paisible, surréelle: magique.

Après m'être saoulé de cette perspective, je continue ma promenade sur le bord de mer. Quelques curiosités:


 


 


 


 


 


 


A gauche, un pécheur de pierre nourrit des "mouettes". Gaffe à ton bras mec... A droite, une immondice aperçue dans une boutique de souvenirs (petit clin d'oeil au faux Ice Truck Killer de Dexter !)


 


 


 


 





 


 












A gauche, la ville vue d'un ponton. A droite, les chantiers navals, dont les milles feux embrasent cette placide masse ténébreuse...

Histoire de varier un peu les plaisirs, je me rapatrie doucement vers le centre-ville:

Croisé sous un pont autoroutier, au milieu de nulle part...

Suivant les conseils de ma voisine de siège dans l'avion, ainsi que ceux de Bob le guide, je me dirige vers la principale attraction touristique de cette partie de la ville, à savoir le Public Market. Il s'agit d'un marché couvert d'une taille certaine, qui depuis un siécle semble être le coeur battant de ce bled. Sachant cela, et cherchant probablement à combler le manque laissé par la disparition de celui de ma ville natale (plus de 20 ans auparavant, ce qui ne nous empêchaient nullement, jeunes skateurs insouciants, de skater sur la "place du marché couvert"...), j'entreprends de découvrir l'endroit. Hélas, mes pérégrinations portuaires furent tardives, et c'est à plus de 22h que j'arrive... tout est clos ! Dépité, je me console avec la rencontre avec un habitant des lieux:



 


 


 


 


 




C'est un oiseau, c'est un avion, non c'est... un cochon de bronze !?!

Quittant à regret mon porcin ami, je tente à présent de me trouver un boui-boui où me sustenter. Las, en cette heure tardive, la ville semble avoir été désertée par tous ses habitants... Faisant fi de cette déconvenue, je me saisis du dernier bus, qui me dépose par erreur à une bonne vingtaine de blocs de ma destination ! Heuresement, cette égarement me permet de dégoter un bouge encore ouvert à minuit passé, et ainsi de remédier aux protestations virulentes de mon estomac à l'aide d'une "galette" (faute d'un meilleur terme), difficilement identifiable mais fort goûteuse. J'entame ensuite la marche de retour vers mon hôtel, sifflotant tel un bienheureux alors que j'arpente la banlieue résidentielle déserte. Trois détours inutiles, deux égarements et quelques acrobaties idiotes plus tard (une impliquant l'escalade du parapet d'une highway déserte, afin d'éviter un long contournement), me voilà enfin de retour à ma chambre, à plus de 2h du matin... Le réveil sera un défi, pour sûr !

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Mardi 29 juillet 2008
- Par Murasane
Cette première journée de terrain commence par un réveil à 6h du matin particuliérement ardu, suivi d'un petit-déjeuner gargantuesque dans le hall de l'hôtel, et voilà que nous retrouvons nos contacts locaux. Une fois les présentations faites, ces prévenants messieurs (Bob, Bob et Dick) nous guident sans attendre vers notre lieu de travail. Il s'agit d'un watershed (la traduction la plus fidéle qui me vient à l'esprit serait "bassin hydrologique"...) localisé à environ 1h30 de Seattle, et c'est aprés un court trajet en voiture (dont je ne pourrais témoigner fidélement, ayant une fois encore succombé à l'irrésistible "torpeur des transports") que nous voilà rendu à l'entrée du lieu.

A ma grande stupeur, l'imposant portal qui nous barre la route, les caméras de surveillance ainsi que les gardes armés donnent à l'endroit des aspects de base militaire... Lorsque j'interroge sur le pourquoi de cette arsenal, on m'informe que ce watershed est responsable d'une bonne partie de l'approvisionnement en eau de la ville de Seattle, c'est pourquoi il est considéré comme un site sensible, et que l'accés au public est interdit. Voilà qui ne sied guère nos affaires ! Pour contrer ces restrictions abusives ("fucking waste of taxpayer money", diront mes collégues), nous devons tenter d'obtenir un permis d'accés à la forêt auprés de l'administration de l'endroit. Naturellement, les voies de l'administration américaine/française/insérer nationalité sont imprénétrables, et pendant que Daniel se dépêtre avec ces procédures interminables, je pars me promener alentours:


A l'instar de Yosemite Park, voilà une coupe d'un séquoia de taille respectable... sur laquelle, ouvrage d'histoire végétal, on peut retracer l'Histoire (du 14ème siécle aux années 80...).

Deux heures perdues plus tard, nous sommes enfin libres de nos mouvements, et nous rejoignons sans plus attendre une petite clairiére qui sera notre point de départ. Le pied à terre, nous déchargeons le matériel et établissons un camp de base, pendant que je contemple l'immensité forestière:






















Ces arbres géants sont d'une beauté à couper le souffle !

S'il fait si vert alentour, c'est sûrement parce que la flotte ne manque pas... D'ailleurs, alors que nous sommes près à démarrer, voilà la pluie qui s'abat sur notre groupe ! Heureusement, nos guides,qui ont eux l'habitude du temps humide, disposent de saillantes combinaisons en caoutchouc vert kaki, vilaines mais ô combien efficaces pour naviguer facilement dans cet océan de verdure humide sans ruiner ses frusques.
Aussitôt l'équipe préparée, nous partons reconnaître les lieux, préliminaire indispensable à tout travaux. En effet, outre l'avantage appréciable de savoir rentrer en toute sécurité aux véhicules,  cette balade sert surtout à retrouver les lieux de la précédente étude menée ici, dont nous utilisons les données pour exploiter nos futurs relevés. Tout le piment de l'affaire est que personne ou presque n'est retourné dans ce secteur depuis près de 15 ans... Alors forcément, les lieux ont pas mal changés, et malgré la sagacité de Bob le guide, retrouver les traces de nos conféres est loin d'être aisé.


Heureusement que je me suis entraîné à trouver Charlie...

Une fois la reconnaissance terminée, nous pouvons débuter l'échantillonage du site. Même si je suis tout content de passer ma journée dans la forêt, la tâche n'est point facile. En effet, comme vu ci-dessus, la végétation est si dense que le seul moyen de se mouvoir est de se tailler un chemin... à la machette !






















Voilà Jungle Gab, l'explorateur intrépide... Manque plus que le chapeau Indiana Jones ! (resté à Reno :( )

La végétation luxuriante, la fine pluie chaude et les nombreux coups de machette évoquent irrésistiblement une expédition dans la jungle amazonienne... oui j'ai de l'imagination !
Malgré la progression hasardeuse, nous progressons tout de même à un bon rythme. De plus, afin de faciliter notre collecte, nos guides se proposent gentiment d'abattre quelques arbres, clarifiant du même coup une forêt trop  longtemps laissée à l'abandon. Ayant peu le goût de grimper à plus de 20 mètres de hauteur pour collecter une poignée de branches, nous apprécions grandement leur coup de main. Et c'est ainsi que, dans un terrible fracas, ces bûcherons expérimentés couchent quelques coniféres à la tronçonneuse... Vraiment impressionnant lorsque l'arbre s'abat à moins de 5 mètres !

Après cette harassante mais récréative journée à courir dans les bois, nous quittons le watershed, non sans croiser certains de ses habitants:


Des élans sauvages ! Considérant la faible fréquentation du site, pas étonnant qu'ils soient si farouches...

Au retour vers Seattle, passage obligé au-dessus du Lake Washington:

















L'autoroute passe directement sur ce magnifique et étendu (90 km2, quand même...) lac, cerné par Seattle et sa banlieue. D'aprés Bob, ce sont sur ses berges que les riches habitants de la région construisent leur villégiature... Je crois même avoir aperçu au loin la maison de Bill Gates !

Une fois rentré à l'hôtel, j'ambitionne dans un premier temps de sortir et de rejoindre le centre-ville; hélas, la fatigue, la faim, et l'alien (temporairement de retour) semblent s'être tous ligués contre moi; et vaincu, je reporte mes plans à demain, en espérant meilleure fortune !

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Lundi 28 juillet 2008
- Par Murasane
Aprés ce week-end pour le moins riche en découvertes, on pourrait croire que le (assez peu) morne quotidien reprendrait ses droits, et qu'il serait grand temps de retourner au bureau pour une nouvelle semaine de travail. Et bien, à ma grande satisfaction, ce n'est pas le cas ! En effet, pour cette semaine est programmé une nouvelle sortie sur le terrain, afin de collecter de nouveaux ensembles d'échantillons pour compléter notre projet. Mais à la différence de ma précédente sortie en Californie (qui me laisse déjà un excellent souvenir), cette fois-ci nous partirons plus loin, et plus longtemps... dans une région qui m'est jusqu'à présent totalement inconnue. C'est donc tout guilleret que je rassemble mon paquetage à peine défait, et me voilà parti pour le bureau, subissant  les effets d'une étrange lenteur générale.

Aprés avoir rejoint Daniel au bureau, puis chargé le matériel dans la voiture, nous voilà en route vers l'aéroport. Une fois le pied mis à terre à nouveau, je note que quelque chose ne va pas: j'ai anormalement chaud, la tête me tourne, je peine à me mouvoir correctement, et surtout j'ai la très nette impression qu'un alien a élu domicile dans mon estomac... Malheuresement, une fois n'est pas coutume, nous ne sommes pas seuls à l'enregistrement des bagages, et cette attente interminable est d'autant difficile à supporter que je tiens à peine debout...  Daniel commence à s'inquiéter de mon état de santé (j'imagine sans mal qu'à la vue de mon teint livide et ma démarche erratique, je me serais aussi posé des questions...); mais surtout s'interroge sur la pertinance de ma venue dans cette expédition. Quand je pense que je me suis jamais malade, c'est vraiment la poisse !
Dans une tentativee désespérée de calmer ce mal étrange qui me frappe au plus mauvais moment, je m'en vais péniblement acheter une salade et tente de me substanter. Peine perdue, puisqu'après trois bouchées, une envie de vomir que je me réprime qu'à grand peine m'étreint, et alors que je suis dans un état que j'imagine être particuliérement lamentable, Daniel me demande de décider rapidement si oui ou non, je suis capable de le suivre dans cette expédition physique et exigeante.  Malgré une migraine qui me vrille le crâne, malgré la fiévre qui me consume, malgré l'alien et surtout malgré cette désagréable et persistante impression de me mouvoir dans un film au ralenti, il est hors de question de manquer ce qui s'annonce être une expédition unique et inoubliable; ainsi, en contradiction flagrante avec mon état, je réponds que ça passera...

Une fois les contrôles de sécurité dépassés (heuresement rapide), Daniel part en quête d'aspirine et d'eau fraîche, que j'ingurgite sans attendre. Alors que nous attendons pour procéder à l'embarquement, Daniel me fait remarquer que mon mal soudain est sûrement du à mon récent voyage au Mexique... Et que nonobstant toutes nos précautions, j'ai probablement ramené une turista, comme souvenir le plus marquant ! Petit détail amusant (pour plus tard dans la journée...), les mexicains appellent ce mal d'occidental en vacances "la vengeance de Moctezuma"; pied de nez dérisoire du dernier empereur aztéque, qui vu son empire dévasté par l'infâme Cortés et ses sbires...
Bref, aprés avoir procédé à l'embarquement, je m'affale sur mon siége, et avant même que les hôtesses débutent leurs récitals éculés à propos des consignes de sécurité, je sombre dans un sommeil sans réve.

Deux heures plus tard, je me réveille en bien meilleure forme, et seul un vertige bénin semble le seul rescapé de ces maudits maux. C'est l'occasion de discuter un peu avec ma voisine, mais surtout de comtempler le paysage:
 
The Three Sisters (les Trois Soeurs), magnifique trio de montagnes au nord-est de l'Oregon...

Aprés une longue discussion avec ma voisine de siège, femme d'un certain âge et incollable sur la topologie de la région, je survole enfin ma destination. Voilà une fois de plus l'occasion d'en prendre plein les mirettes !


Et voilà que devant mes yeux émerveillés, se dévoile la région de Seattle !


Cet horizon aquatique est tout bonnement  resplendissant, et se révéle de plus en plus attirant à mesure que l'oiseau d'acier se rapproche du tarmac de SeaTac (l'aéroport de la région de Seattle). Avant de quitter l'appareil, ma voisine me confirme que Seattle est en réalité constitué d'un ensemble d'îlots situés dans la baie, et m'encourage fortement à embarquer dans un tour de la baie en ferry, ainsi qu'a visiter le centre-ville. Comme il s'agit avant tout d'un business trip, on verra si j'ai le temps... Mais j'aimerais vraiment !

Une fois de retour sur le plancher des vaches, nous récuperons nos bagages ainsi qu'un imposant SUV (4x4), puis nous voici parti en quête de notre hôtel. Malgré le trafic et la particularité de la ville de ne pas présenter un quadrillage rectiligne des rues (je n'y suis plus familier, aussi me voilà confus), voici un premier aperçu de la bourgade:


La métropole vue de l'autoroute...

















Les docks, et un stade...


Malgré que nous sommes temporairement égarés (et ce n'est pas de la faute du co-pilote !), je jubile au penser de ce séjour qui s'annonce décidement plein de découvertes exitantes !
Nous voilà maintenant arrivé sur le campus de l'immense University of Washington, et aprés quelques formalités, je prends congé de Daniel et prends possesson de ma chambre:


A noter la TV d'une diagonale non négligeable... Je ne sais pourquoi, mais ce séjour se présente sous une bonne augure !

Comme contre-coup de ce trajet éprouvant, je consacre la fin de la journée à somnoler devant la TV, puis je décide de sortir explorer les environs une fois la nuit tombée, notant au passage la présence d'un piscine et d'un spa dans une cour intérieure à l'hôtel (et je n'ai naturellement pas jugé utile d'emporter un maillot... shame on me !).
Mes pas me guident vers University Village, sorte de centre commercial étudiant en plein air. Cependant, à mon grand désarroi, toutes les enseignes semblent déjà closes, alors qu'il n'est que 21h... C'est ainsi qu'aprés avoir visité le seul endroit qui m'accepte encore (une gigantesque librairie sur 2 étages dotée de salon de lecture et café, avec une ambiance vraiment chaleureuse), et être rentré bredouille de ma quête de nourriture, je rentre me reposer à l'hôtel pour être frais et dispo lors de la journée du lendemain, qui s'annonce... tonique !

Dernière curiosité, croisée aux abords du campus:


 Des parapluies en libre-service... voilà qui ne laisse présager rien de bon pour le climat local !


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